SEXUALITÉ DES
ADOLESCENTES ET DES ADOLESCENTS
Vous arrivez du cinéma, et votre fille de 15 ans ouvre la porte
de sa chambre et vous annonce en haut de l’escalier que son
copain, Vincent 17 ans, couchera à la maison ce soir là. Elle
est déjà en pyjama et le garçon est dans la chambre. Beaucoup de
questions demeurent sans réponse. Depuis quand sont-ils enfermés
dans la chambre ? Ont-ils fait l’amour ? Si oui, ont-ils
utilisés une méthode de contraception ? Vous savez que Vincent a
déjà eu d’autres partenaires. Y a-t-il un danger qu’il soit
porteur d’une MTS et qu’il la transmette à votre «petite Julie»
?
Comment réagir comme parent, comme adulte lorsque nous sommes
confrontés à ce genre de situation ? Quelles réponses donner à
votre jeune ? Doit-on accepter que nos jeunes fassent l’amour
sous notre toit ?
La sexualité est une des composantes fondamentales de l’être
humain. Elle est présente sous différentes formes, de la
naissance à la mort, chez tous les humains. Elle ne se compose
pas uniquement de génitalité. On la vit également à travers la
sensualité, l’érotisme, la fécondité.
Comment définir la sexualité des adolescents ? C’est quelque
chose d’unique et qu’ils vivent à leur façon. La sexualité fait
partie des préoccupations des adolescents. Mais cela ne veut pas
nécessairement dire que les jeunes ne pensent qu’à la sexualité.
Il y a la famille, les études, les ami(e)s, les sports, le
travail d’été à chercher. Au fond, en matière de sexualité il en
va comme chez les adultes. Tout d’abord, ils ont à vivre toutes
sortes de changements physiques. Ce n’est pas une mince affaire
que d’apprivoiser un corps qui change d’apparence et qui a
toutes sortes de réactions plus ou moins inattendues, plus ou
moins contrôlées. Les réelles préoccupations des jeunes
concernant la sexualité sont plus au niveau des sentiments que
de la biologie. La sexualité est une partie de la vie, et son
importance varie d’une personne à l’autre. Quant aux questions
que les jeunes se posent, elles ressemblent beaucoup à celles
que, nous les adultes, nous nous posons. Et comme nous, ils
n’ont pas toutes les réponses. Ils vont se demander : « comment
savoir qu’un garçon s’intéresse à moi ? à quel âge peut-on faire
l’amour ? Est-ce que ça fait mal la première fois ? Comment
est-ce que je peux faire savoir à une fille qu’elle me plaît?
Entre eux les garçons vont davantage parler de «performances»
alors que les filles parlent surtout de ce qu’elles ressentent.
"Jusqu’à un certain point, de façon intuitive, les garçons et
les filles devinent qu’ils n’ont pas la même approche de la
sexualité. Pendant que le garçon connaît l’éveil sexuel par le
plaisir, la fille devient une femme capable d’enfanter. C’est un
départ dans la vie sexuelle tout à fait différent. Les garçons
ont beaucoup de désirs sexuels et demandent rapidement aux
filles de faire l’amour. Souvent, la fille se sent bousculée et
amenée trop vite aux relations sexuelles". (Agnès Gaudreault,
CLSC Basse-ville).
Il faut voir aussi
dans quelles conditions les jeunes ont des relations sexuelles. Tout
d’abord, ils sont aux prises avec de fortes émotions, des émotions
souvent contradictoires. Les relations sexuelles qu’ils ont se
font souvent à la sauvette, sur la banquette d’une voiture, dans le
sous-sol de la maison familiale. Ils ont peur d’être surpris par
quelqu’un. Ils ont peur de plein de choses en fait. Ils ont peur de
manquer leur coup, de ne pas pouvoir faire comme dans les films. Ils
ont peur de ne pas être à la hauteur. Dans ces conditions, il ne
faut pas trop se surprendre si l’un ou l’autre des partenaires, et
notamment, la jeune fille n’est pas respectée dans son choix et dans
son cheminement. Ce qu’elle vit ne correspond pas toujours à ce
qu’elle attend. |
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Attitude aidante
comme parent, comme adulte
Souvent lorsque nous sommes confrontés comme adulte ou comme
parent à la sexualité de nos jeunes, nous perdons tous nos
moyens. Nous ne savons plus quoi faire, et bien souvent nous
évitons d’aborder le sujet en pensant que cela rentrera dans
l’ordre tout simplement. Nous avons eu un modèle d’éducation et
maintenant on nous demande d’en adopter un autre. Les mots nous
manquent, on a souvent l’impression que nous n’avons pas les
connaissances requises pour aborder le sujet.
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Quelques pistes
:
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Se faire confiance et qui connaît mieux nos
jeunes que nous? Faire confiance à l’aptitude des jeunes à
apprendre et à grandir.
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Se servir de son gros bon sens, de nos
expériences, par exemple ce que l’on a vécu lorsque l’on a eu
une peine d’amour. N’oubliez pas, nous sommes tous
«d’ex-adolescents».
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On a le droit d’avoir nos propres
sentiments. On a le droit de ne pas aimer tel ou tel
comportement, tel acte ou telle parole, mais cela ne devrait
pas remettre en question l’amour que l’on a pour eux.
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On peut demander aux jeunes de nous
respecter comme ils veulent que nous les respections.
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Être capable de se respecter, cela peut
vouloir dire apprendre à connaître nos limites.
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Accompagner les jeunes, être capable de les
écouter, laisser entendre que nous pouvons avoir une certaine
disponibilité. Souvent le jeune attend de ses parents ou des
adultes significatifs pour lui donner des réponses à ses
questions.
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On a le droit d’avoir des règlements et de
les faire respecter, mais il est important d’en discuter et
d expliquer pourquoi. Si la cohabitation de vos jeunes vous
dérange, discutez-en avec eux et dites-leur pourquoi cette
situation vous dérange.
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Maintenir la communication même si elle est
imparfaite et même si ce n’est pas facile.
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